Comment expliquer que, malgré deux ans de travaux et plus d'un milliard de dollars dépensés pour améliorer la sécurité de la navette, on a frôlé la catastrophe mardi dernier, lorsqu'un gros morceau d'isolant s'est encore détaché au décollage. Rappelons que la navette Columbia, qui s'est désintégrée lors de son retour sur Terre en février 2003, avait été frappée par un morceau d'isolant à peine plus gros qui avait endommagé son bouclier thermique. Heureusement, cette fois-ci le hasard a probablement permis d'éviter le pire.
C'est simple, la navette spatiale est une erreur de conception ! On aura beau y coller toutes les rustines (patches) du monde, le concept est pauvre, pour ne pas dire stupide, à la base. Un âne ne courra jamais comme un pur sang, même avec deux fusées dans le derrière !
Le concept original de la navette devait être celui d'un avion spatial, qui décolle d'une piste d'atterrissage normale, se rend dans l'espace et revient atterrir sur une piste d'atterrissage normale. Mais voilà, trop coûteux et trop long à mettre au point... Quelqu'un a donc proposé de monter l'avion spatial sur le dos d'une grosse fusée, ou plutôt d'une fusée flanquée de deux propulseurs de démarrage. Voilà, un design maladroit et grossier, un patch quoi !
En ce qui concerne la fiabilité de la navette spatiale, deux accidents mortels en un peu plus de 100 vols (113 pour être précis), près de 2 %, on ne peut pas appeler ça de la haute fiabilité ! Deux navettes de perdues sur une flotte de cinq, ça commence à ressembler à de la broche à foin.
En terminant, j'aimerais contribuer, disons «plus positivement», en faisant moi aussi une suggestion de filet d'acier ou de Téflon qui empêcherait les morceaux d'isolant de se détacher. Il suffisait d'y penser...
C'est pas sérieux, il n'y a qu'une solution raisonnable, repenser le tout et retourner à la planche à dessin.
Ça fera trois navettes pour le musée de l'espace et plusieurs vies sauvées !
Claude Coulombe
Physicien et informaticien, Montréal



