CAP CANAVERAL (AFP) - La foudre qui a frappé le pas de tir d'Atlantis vendredi a contraint la Nasa samedi à retarder de 24 heures le décollage de la navette initialement prévu dimanche pour vérifier le bon fonctionnement des systèmes de lancement et de vol.
"Pour le moment nous n'avons pas assez de données pour déterminer l'impact de la foudre", a déclaré LeRoy Cain, le responsable de la préparation du lancement au cours d'une conférence de presse tout en précisant que la navette n'avait pas été touchée.
Seuls les systèmes électriques de lancement au sol et des données de vols pourraient avoir été affectés, a-t-il dit soulignant que les ingénieurs allaient au cours des prochaines 24 heures procéder à une batterie de tests pour s'assurer que tout fonctionne parfaitement.
LeRoy Cain a précisé que la foudre avait frappé le paratonnerre protégeant le pas de tir et la navette en début d'après-midi vendredi montrant même une vidéo de l'événement.
Les responsables de la Nasa ont également fait part de leurs inquiétudes quant aux prévisions météorologiques qui font état de 60% de chances de risques d'orage et de pluies dimanche interdisant un lancement.
Désormais, le tir est prévu lundi à 16H04 (20H04 GMT) du Centre spatial Kennedy, près de Cap Canaveral, en Floride (sud-est). La météorologie est également nettement plus favorable pour ce jour là avec seulement 20% de conditions empêchant un lancement, a indiqué le Lt. Kaleb Nordgren, un météorologue de la Nasa qui a rappelé que les orages sont très fréquents en Floride en été.
Les services météo gardent également un oeil sur la tempête tropicale Ernesto qui se développe dans les Caraïbes bien que celle-ci ne paraisse pas menacer le lancement. "Nous surveillons de près cette dépression tropicale", a déclaré samedi Kathy Winters, une météorologue de la Nasa. Si cette tempête tropicale, qui pourrait devenir un cyclone, devait frapper Houston (Texas, sud) où se trouve le Centre de contrôle de la Nasa et contraindre le personnel à évacuer les lieux, alors la mission d'Atlantis pourrait être écourtée, entraînant un retour prématuré sur Terre, avaient déjà indiqué vendredi des responsables de la Nasa.
Atlantis sera le troisième vol depuis l'accident de Columbia, les deux précédents avec Discovery avaient permis de tester avec succès pour le dernier en juillet, les modifications et procédures mises en oeuvre pour éviter la répétition d'une telle catastrophe provoquée par un morceau de mousse isolante de 800 grammes détaché du réservoir externe.
Ce débris avait percé la protection thermique de l'orbiteur peu après le lancement et conduit à sa désintégration lors de sa rentrée dans les couches denses de l'atmosphère. Désormais, la Nasa peut se consacrer à l'assemblage de l'ISS arrêté depuis la fin 2002 et qui est depuis à moitié achevée.
Au cours de leur mission de onze jours, Atlantis et ses six membres d'équipage, une femme et cinq hommes, dont un Canadien, livreront et installeront deux modules de production d'électricité, dont une antenne solaire d'une envergure totale de 73 mètres.
Ces deux unités, dites P3 et P4, représentent la structure de l'ISS la plus lourde transportée jusqu'à présent dans la soute d'une navette vers la Station spatiale internationale avec un poids total au décollage de 16 tonnes. L'antenne solaire et les autres éléments permettront d'accroître les capacités de production électrique de l'ISS à moitié terminée et jugée cruciale pour l'avenir de l'exploration spatiale humaine.
L'installation complexe de ces modules exigeront trois sorties dans l'espace de deux équipes de deux astronautes pendant près de 20 heures au total. Ces tâches "ont été décrites comme comptant parmi les plus difficiles jamais entreprises dans l'histoire humaine", selon le directeur du programme de l'ISS, Mike Suffredini.



