PARIS (AFP) - Le satellite météorologique de nouvelle génération MetOp doit être lancé mardi depuis le cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, après une série de contre-temps qui ont fait prendre trois mois de retard à ce nouveau fleuron de l'organisation européenne Eumetsat.
Le lancement, qui sera effectué par une fusée russe Soyouz-Fregat, est prévu à 22H28 heure locale (18H28 à Paris).
MetOp, qui devait initialement être mis sur orbite le 17 juillet a connu une série d'incidents: le lancement avait dû être repoussé une première fois en raison d'un problème sur le système de navigation inertielle (destiné à maintenir la fusée sur sa trajectoire), une deuxième fois pour un signal inquiétant sur un propulseur et une troisième fois en raison d'une anomalie survenue lors du compte à rebours dans les équipements au sol.
Repoussé au début octobre, le lancement avait dû être une nouvelle fois décalé après que la partie supérieure du lanceur eut subi une chute de quelques centimètres lors de son transfert sur le train l'amenant au pas de tir. Premier d'une série de trois satellites identiques, MetOp est une énorme boîte de 6 mètres de haut et d'un poids total de 4,09 tonnes. Il va emporter une douzaine d'instruments, dont cinq équipements européens de pointe. Satellite d'observation de la Terre le plus complexe jamais construit, MetOp fournira des données d'une précision inégalée sur l'humidité et la température de l'air, la fonte des glaces et l'accumulation des gaz à effet de serre. Les trois satellites du programme représentent un investissement total de 2,4 milliards d'euros, dont 1,8 milliard à la charge d'Eumetsat, l'organisation européenne qui les exploitera, le solde revenant essentiellement à l'Agence spatiale européenne (Esa). Le programme doit s'étaler sur quinze ans, chaque satellite ayant une durée de vie de l'ordre de cinq ans. Ils ont été construits par l'européen EADS Space. MetOp va venir compléter les données fournies par les satellites Meteosat exploités depuis 1978 par Eumetsat. Si ces derniers survolent la Terre à très haute altitude (36.000 kilomètres) en orbite géostationnaire, MetOp sera placé en orbite basse (820 km) et polaire, c'est-à-dire passant au-dessus des pôles. Ce satellite sera la première contribution des Européens au système de satellites polaires américains, dont le premier, Tiros-1, a été lancé en 1960 et était le premier véritable satellite météorologique au monde. Aux termes d'un accord conclu en 1998 entre l'administration américaine de météorologie et d'océanographie (NOAA) et Eumetsat, les Européens se sont engagés à partager la responsabilité des systèmes polaires, alors qu'ils dépendaient jusqu'ici des informations fournies par les Américains. MetOp observera chaque point du globe aux environs de la même heure, vers 09H30 en heure solaire locale, lorsqu'il "descendra" du nord vers le sud tandis que son alter ego américain sera chargé de l'après-midi. En "remontant", il observera la Terre de nuit.



