PARIS (AP) - Un bref flash lumineux avant une explosion d'étoile parmi les plus étranges jamais étudiées a été observé pour la première fois, offrant un espoir aux astronomes de "prédire" les désintégrations de ces astres et de les observer avant les tout derniers instants de leur existence, selon un communiqué du CNRS et du CEA diffusé mercredi.
Les résultats de cette découverte faite par une équipe d'astrophysiciens européens, japonais et chinois à laquelle ont participé des laboratoires du Centre national de la recherche scientifique et du Commissariat à l'énergie atomique, vont être publiés dans la revue "Nature" de jeudi.
Tout commence en octobre 2004, quand un astronome amateur japonais, observe un flash lumineux dans la galaxie UGC4904 dans la constellation du Lynx. Un objet lumineux apparaît dans la partie extérieure à peine visible de la galaxie pendant quelques jours avant de disparaître.
Le 9 octobre 2006, un objet dix fois plus lumineux apparaît au même endroit, entraînant la mobilisation d'une batterie de télescopes. Les premières observations à l'observatoire de La Palma (Espagne) révèlent une "explosion exceptionnelle". "L'astre qui s'est désintégré était une étoile massive, de 15 à 25 fois la masse du Soleil, sans doute constituée uniquement de carbone et d'oxygène", précise le communiqué.
Aucune trace d'hydrogène ou d'hélium, éléments les plus abondants des étoiles, n'existe. Une dizaine de jours après, apparaîtront enfin les premières traces d'hélium dans le spectre de l'étoile (répartition de la lumière en fonction de l'énergie). Des particularités que confirmeront les observations menées pendant près de trois mois.
Selon le CEA et le CNRS, la supernova baptisée SN2006jc a atteint "une luminosité maximale caractéristique des plus fortes explosions d'étoiles, plus d'un milliard de fois celle du Soleil".
Elle ne correspond à aucun des cas -totalement différents- caractérisant les deux grandes catégories, les supernovae de type I et II, dans lesquelles les astronomes classent d'habitude ces explosions. Dans le premier cas (désintégration d'une petite étoile compacte), très peu d'hydrogène et d'hélium est observé dans l'explosion. Dans le second cas (explosion d'une étoile massive), en revanche, ces deux éléments dominent. Elle a donc été cataloguée dans une sous-catégorie spéciale, Ic, concernant des cas très rares découverts récemment.
Par ailleurs, l'observation en 2004 du flash lumineux suscite de nombreuses interrogations. La supernova SN2006jc est un "cas unique" d'une explosion d'étoile précédée par un phénomène de ce type deux ans auparavant, souligne le communiqué. Les scientifiques connaissant très peu d'événements qui peuvent leur indiquer l'imminence d'une explosion d'une étoile, elle ouvre des "horizons nouveaux pour prédire les explosions d'étoiles massives". AP



