
Espace: 20 ans après l'explosion de Challenger, la navette sur la sellette
Date 28/1/2006 9:24:08 | Sujet : Nasa
| WASHINGTON (AFP) - Vingt ans après l'explosion de Challenger le 28 janvier 1986, première grande catastrophe du programme américain de conquête spatiale qui s'est répétée avec Columbia en 2003, la sécurité et le bien-fondé des navettes vieillissantes sont plus que jamais en question.
Le 20e anniversaire de l'accident de Challenger sera marqué samedi par une cérémonie au centre spatial Kennedy en Floride (sud-est) à laquelle participeront des membres des familles et des responsables de la Nasa.
A l'époque, le drame avait été accentué par la présence d'une Américaine ordinaire, professeur de collège, parmi les sept membres d'équipage tués. C'était la première enseignante à voler sur une navette.
Ebranlé, le président Ronald Reagan annule son discours annuel sur l'état de l'Union qu'il devait prononcer dans la soirée devant le Congrès.
Le déroulement des événements, retransmis en direct par les chaînes de télévision et auquel assistaient les familles des astronautes d'une tribune en plein air du centre spatial, reste gravé dans la mémoire collective américaine au côté des autres grands drames ayant marqué le pays.
Le lancement a lieu le mardi 28 janvier à 11H38 locales sous un ciel bleu azur et dans une température quasi-polaire.
Tout paraît normal dans les premiers moments du vol, le 25e d'une navette depuis avril 1981. Le pilote, Michael Smith, s'écrie: "C'est bon, on est parti". Mais à 64 secondes, un éclair se produit entre l'orbiteur et le réservoir central. Neuf secondes après, à 14.000 mètres d'altitude, Challenger se volatilise dans un gigantesque embrasement d'hydrogène et d'oxygène liquide.
Les deux fusées d'appoint poursuivent un moment leur ascension laissant deux traînées de flammes et de fumée formant un immense V.
Après un moment d'hésitation, le commentateur de la Nasa déclare la perte de contact entre le centre de contrôle et la navette. Après un silence de 40 secondes, il confirme, la voix grave, l'explosion de Challenger.
La commission présidentielle d'enquête conclut que l'accident a été provoqué par un joint défectueux d'une des deux fusées à poudre d'appoint.
Deux ans après, la Nasa a complètement revu leur conception et procédé à nombre d'autres modifications.
Quinze ans plus tard, la crédibilité de l'agence spatiale est à nouveau mise en cause après la désintégration de la navette Columbia lors de sa rentrée dans l'atmosphère le 1er février 2003, tuant les sept membres d'équipage.
L'accident a été provoqué par un morceau d'isolant détaché du réservoir externe peu après le décollage qui a percé la protection thermique de la bordure de l'aile gauche de l'orbiteur.
Malgré une dizaine de modifications recommandées par les enquêteurs à un coût d'un milliard et demi, la navette Discovery perd un grand bout de mousse isolante lors de son lancement fin juillet 2005, le premier d'une navette depuis la perte de Columbia.
La Nasa cloue de nouveau au sol ses trois navettes restantes jusqu'à au moins mai 2006, donnant plus d'arguments aux détracteurs de ce programme.
Selon eux, la navette lancée après Apollo, qui avait permis aux Américains d'aller sur la Lune, a maintenu les Etats-Unis en orbite terrestre basse depuis 30 ans puisqu'elle a été surtout conçue pour assembler la Station spatiale internationale (ISS).
Outre ces deux catastrophes, la Nasa reconnaît avoir frôlé l'accident lors d'une dizaine de vols surtout au lancement.
Tirant les conclusions des limites et du coût de la navette, le président George W. Bush a annoncé en 2005 sa mise à la retraite en 2010 après l'achèvement de l'ISS qui nécessitera 17 autres missions.
Son successeur, le véhicule d'exploration avec équipage (CEV), en partie dérivé de la navette, doit voler dès 2012 et ramener des astronautes sur la Lune en 2018.
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