Français et Chiliens regardent dans la même direction

Date 26/6/2006 8:20:32 | Sujet : Astronomie

Si le ciel du Chili est le terrain de jeu privilégié des astronomes du monde, la France forme d'excellents astro-physiciens et l'Europe apporte ses moyens. Une collaboration qui vient de fêter ses 10 ans

Lundi dernier, l'organisation européenne pour la recherche astronomique dans l'hémisphère sud (ESO) célébrait ses 10 ans de coopération scientifique avec le gouvernement chilien. Des accords qui s'articulent autour de deux points: 10 % du temps d'observation dans les deux observatoires de l'ESO au Chili*, réservé aux scientifiques nationaux et des fonds, 950 000 Euros annuels dégagés par l'organisme européen, pour aider au développement de l'astronomie au Chili. La directrice de l'ESO, dont le siège mondial est basé en Allemagne, madame Catherine Cesarsky a rappelé lors de la cérémonie les principaux axes de cette coopération: bourses allouées à des post-doctorants, développement d'infrastructures et vulgarisation de l'astronomie auprès d'un vaste public, dont celui des écoles. Cet anniversaire, marqué par l'édition d'un livre retraçant les grands projets qui ont ponctué cette collaboration avait lieu au siège de l'ESO à Santiago. L'occasion pour le Petit Journal de faire mieux connaissance avec ceux qui ont la tête dans les étoiles, plus souvent sous les cieux lumineux du désert que dans le smog santiaguinais.
Nancy Ageorges, française et célibataire, un air juvénile malgré un Cv déjà bien rempli est de ceux-là. Astro-physicienne formée en France et en Allemagne, elle est arrivée en 2000 à l'observatoire de Paranal pour un contrat d'un an avec l'ESO. Elle y est toujours, passionnée par ce quelle fait. Même si elle confesse qu'elle aimerait maintenant bien construire une famille.

LPJ: Comment s'organise votre vie?
En principe, nous faisons huit jours sur la montagne (comprendre: à l'observatoire), six jours de repos puis six jours de bureau à Santiago. Moi, je suis 80 % du temps sur le terrain, parce que j'aime par-dessous tout les instruments, plus que la recherche. Mais évidemment, c'est une vie coupée en deux. Impossible de faire partie d'un club à Santiago, par exemple, ne parlons pas d'avoir une relation de couple.

LPJ: Et sur le terrain?
Là c'est une vie bien particulière. Nous sommes à peu près 80, personnel compris, à vivre en autarcie. Même si la langue officielle est l'anglais, il y a vraiment des gens de partout et l'on parle toutes les langues.

LPJ: Comment avez-vous choisi cette voie?
Par hasard, j'étais passionnée de physique et je cherchais un domaine pas trop courant. Je n'ai jamais fait d'astronomie en amateur. J'ai fait mes études à Paris et à Munich, puis je suis partie en Irlande. C'est en Allemagne que j'irai bien vivre aujourd'hui, même si le Chili, pour un astronome, c'est vraiment le roi des pays. C'est le ciel le plus pur du monde avec une quantité inégalée de nuits claires par an.
Sophie Rouchon (LPJ-Santiago) 26 juin 2006

L'ESO et l'Ambassade de France organisent un "Café scientifique", mercredi 28 juin : Sommes-nous seuls dans l'univers? (voir rubrique"pense-bête")
* L'observatoire de La Silla, au nord de la Serena (iV région) a été ouvert en 1963. Celui de Paranal est situé au sud d'Antofagasta, dans le nord du pays (II ème région). Les deux se visitent (les installations et les instruments, pas d'observation du ciel). Réservation pour visite: La Silla (2) 463 31 00 . Paranal: (55) 43 5335.




La galaxie NGC 2467 vu du téléscope de 2, 2 mètres de la Silla (photo ESO)

source: lepetitjournal.com



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