Participations suisses dans le programme de navigation Galileo

Date 22/8/2005 21:01:42 | Sujet : ESA

Le Conseil fédéral approuve la contribution suisse au futur système de navigation par satellite européen Galileo.
Le projet Galileo qui entre dans sa phase de test et de conception ne sera donc plus financé par l’Agence spatiale européenne seule, mais à moitié par l’Union européenne et à moitié par l’Esa. C’est pourquoi, en juin 2002 la Commission européenne avait invité la Suisse à étendre au volet Union européenne, en plus de sa participation à l’Esa, sa contribution à Galileo.

Tant que le projet Galileo était en phase de définition et par conséquent financé par l’Esa seule, la Suisse, membre de l’Agence, était associée au projet au même titre que les autres états membres. Or, Galileo qui est entré dans sa phase de conception et de test, est maintenant financé à 50% par l’Union européenne et à 50% par l’Esa. L’Union est responsable de la dimension politique, des retombées économiques et des besoins des utilisateurs, quant à l’Esa, elle se charge des définitions techniques, du développement, de la mise en orbite et du traitement des données. Pour être associée au projet et avoir les mêmes prérogatives que les autres états membres de l’Union, la Suisse doit également participer à l’effort communautaire.

Cette participation est cruciale pour le pays, en effet lorsque la phase de construction du système Galileo aura commencé elle sera assurée pour deux tiers par l’industrie privée et pour un tiers par l’Union européenne. « La Suisse doit absolument prendre part à ce projet européen, c’est un projet de grande envergure, un projet d’avenir pour le continent, nous ne pouvons nous permettre de rester à l’écart », explique Urs Frei conseiller scientifique au Secrétariat d’état à l’éducation et à la recherche. « Galileo va générer entre 140 et 150'000 emplois, il va rapporter environ 9 milliards d’euros par année, le nombre d’utilisateurs avoisinera le milliard et demi, bref les perspectives sont vertigineuses » ajoute Urs Frei.

Le Conseil fédéral a donc accepté le principe d’une contribution de 10 millions de francs suisses pour la phase actuelle du projet comme participation au volet Union européenne. La Suisse versera cette somme lorsqu’elle sera assurée d’obtenir des prestations en compensation de son apport financier. En concrétisant cette participation pour 2006, elle renforcera sa position de pôle technologique et industriel.

L’Observatoire de Neuchâtel et sa compagnie spin-off Temex ont par exemple été sélectionnés pour développer les horloges atomiques des satellites du système Galileo, alors que d’autres entreprises ont déjà manifesté leur intérêt à participer aux appels d’offres. Autre avantage pour la Suisse à être partie prenante du projet, l’utilisation de Galileo coûtera nettement moins cher à un état associé qu’à un état tiers.

La somme de 10 millions de francs suisses est une première proposition de la Suisse, le montant définitif doit encore être négocié avec l’Union. Mais quelle que soit la somme définitive, elle sera prise sur le budget alloué à l’Office fédéral des routes. « C’est une décision logique », estime Urs Frei, « d’ici à quelques années, une bonne majorité des voitures sera dotée d’un système de navigation, améliorant la sécurité des automobilistes et la fluidité du trafic. S’il fallait arriver au même résultat avec d’autres moyens que Galileo, la somme dépensée par l’Office fédéral des routes serait supérieure. Tout le monde est gagnant ».

Mais il n’y a pas que l’Office fédéral des routes qui est intéressé par Galileo, l’Office fédéral de l’air et Sky Guide, l’entreprise chargée du contrôle aérien en Suisse, comptent beaucoup sur le futur système de navigation pour améliorer sécurité, ponctualité et fiabilité du trafic aérien. Autre intéressée: l’armée; celle-ci reste par contre discrète sur les bénéfices qu’elle compte tirer de Galileo.

source: ESA



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