ALMA, premier projet mondial de radioastronomie

Date 31/8/2006 18:35:52 | Sujet : Astronomie

À plus de 5000 mètres d'altitude, sur l'altiplano chilien, le radiotéléscope APEX explore les sources de l'univers en tant que premier jalon du plus grand programme d'astronomie d'envergure mondiale lancé jusqu'à présent: l'ALMA.
APEX est une antenne de 12 mètres de diamètre installée sur un plateau sec et désertique, Llano Chajnantor, l'un des meilleurs sites au monde pour la radioastronomie, à 50 km de San Pedro de Atacama et à 1700 km au nord de Santiago.

L'absence de végétation, une pluviosité pratiquement nulle et l'altitude permettent de capter de manière optimale des ondes imperceptibles pour l'oeil humain, émises par les objets les plus anciens de l'univers.

Cette capacité, qui lui donne un avantage sur les téléscopes optiques basés sur les systèmes de miroirs, alimente les espoirs de la communauté scientifique qui espère repousser les frontières de la connaissance de l'univers.

Jusqu'à présent, aucun instrument d'observation n'a permis de découvrir le lieu lointain où serait né l'univers, situé à 15 milliards d'années-lumière de la terre, aux confins du temps et de l'espace, si la théorie du Big Bang originel devait être confirmée.

APEX, qui fonctionne depuis septembre 2005, constitue l'étape initiale du tout premier projet astronomique mondial appelé interféromètre ALMA qui regroupera 64 antennes similaires sur le haut plateau du Llano del Chajnantor.

ALMA sera un énorme oeil, unique pour sa capacité à recevoir des données sur la naissance de l'univers, a indiqué à l'AFP William Garnier, porte-parole de l'ESO, Observatoire européen austral qui participe au projet.

ALMA, d'un coût évalué à 550 millions de dollars, associera non seulement les membres de l'ESO mais aussi les États-Unis (à travers l'Association des universités, AUI), le Japon et le Chili.

Quand il atteindra sa capacité maximale (en 2011), le groupe de radiotéléscopes aura une résolution 10 fois supérieure au téléscope spatial Hubble, et pourra détecter une pièce de monnaie à une distance de 120 km.

Les antennes pourront être disposées selon des configurations différentes: la moins étendue prévoit un diamètre de 150 mètres (les antennes seront très rapprochées) pour obtenir des images à haute résolution d'objets très grands comme des galaxies ou d'immenses nuages de poussières.

La configuration la plus ample sera de 14 km de diamètre pour dresser une image précise d'un objet relativement petit tel qu'une planète.

APEX (financé par l'ESO, l'institut allemand Max-Planck et l'observatoire suédois de Onsala) peut recevoir des ondes submillimétriques, dans une fourchette comprise entre 0,2 et 1,5 mm, a indiqué à l'AFP l'ingénieur chilien Alejandro Sepulveda.

Cela lui donne une vision unique des zones obscures de formation des étoiles, du centre de la Voie lactée et du noyau de galaxies plus lointaines, selon l'astronome français Vincent Reveret.

«Nous espérons faire des progrès rapides dans l'astronomie, surtout dans les études de l'univers primordial, les galaxies et les processus de formation des étoiles», a expliqué M. Reveret.

Parmi ses premières découvertes, APEX a détecté en juillet une molécule jamais observée jusqu'à présent dans l'espace: un composé organique du fluor connu pour son utilisation dans le dentifrice et le teflon.

La molécule appelée ion CF+ est la première détectée dans l'univers combinant fluor et carbone, pilier de la chimie de la vie.

«APEX effectue aussi une cartographie de l'univers avec des objets intéressants qui pourront être plus tard analysés en détail par le projet ALMA», a souligné M. Reveret.

source: cyberpresse.ca



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