Exploration du système solaire: l'Esa lance ses consultations

Date 15/1/2007 9:18:01 | Sujet : ESA

LONDRES (AFP) - L'Agence spatiale européenne (Esa) a lancé une série de consultations pour définir son programme d'exploration du système solaire à long terme, alors même que se multiplient dans le monde les projets visant à envoyer des hommes sur la Lune, voire sur Mars.
Un premier atelier a réuni plus de 170 personnes - scientifiques, industriels mais aussi représentants de la société civile - les 8 et 9 janvier à Edimbourg, ont indiqué mercredi à Londres des responsables de l'Esa et de l'agence spatiale britannique BNSC lors d'une conférence de presse.

"Ce n'était pas destiné à être un atelier décisionnel, mais le début d'un processus qui va se développer au cours des 18 prochains mois" jusqu'à la réunion ministérielle de l'Esa prévue au deuxième semestre 2008, a expliqué Manuel Valls, responsable de la politique d'exploration à l'Esa.

D'autres réunions du même type sont prévues en Italie (mai ou juin) et en Allemagne (octobre/novembre), a-t-on précisé à l'Esa.

La Lune, Mars et les astéroïdes devraient être les principales cibles de l'effort d'exploration européen, selon le Pr John Zarnecki, qui dirigeait les débats d'Edimbourg pour leur volet scientifique. Avec, à chaque fois, un même fil conducteur: la recherche de la vie et de ses origines.

"Nous pourrions aller sur un astéroïde primitif, y collecter de la matière organique et la renvoyer sur Terre. Ce type de mission pourrait servir à développer et tester les technologies nécessaires à l'exploration de la Lune et de Mars", a expliqué le Pr Zarnecki. Pour Mars, également, l'objectif principal serait de ramener sur Terre des échantillons significatifs de sol.

La Lune reste particulièrement intéressante, car elle "conserve la trace de ce qui passait dans le système solaire intérieur dans ses premières années". Pour les scientifiques, "la Lune est un musée", a-t-il lancé.

C'est aussi le seul endroit où installer un radiotélescope basse fréquence, puisque les ondes traquées par ce type d'installation sont stoppées par l'ionosphère terrestre. Un tel instrument est aussi trop étendu pour être supporté par un satellite. On pourrait imaginer que ses capteurs soient gravés sur un film de plastique que l'on pourrait ensuite poser sur la surface lunaire comme une simple moquette, s'est amusé le Pr Zarnecki.

Contrairement à des interprétations de la presse britannique, la possibilité que la Grande-Bretagne puisse mener ces expériences en solo "est la solution la plus improbable", a insisté David Parker, le responsable de la recherche spatiale au sein de la BNSC, lors de la même conférence.

Les responsables de l'Esa ont souligné qu'il n'y avait pas d'antagonisme entre exploration robotique et humaine du système solaire, même si les britanniques sont par tradition de fervents partisans des vols non habités.

Les Européens vont devoir aussi définir leur degré de participation à la future base lunaire proposée par les Américains. Mais, échaudés par les déboires de la Station spatiale internationale, il n'est pas question pour eux de se retrouver pieds et poings liés face à la puissante Nasa.

"Nous avons besoin de maintenir un grand degré d'autonomie en Europe", a souligné M. Valls. "Il nous faut développer des technologies sensibles. Ce qu'il n'est pas question pour nous de faire: rejoindre une initiative de tiers où l'autonomie européenne serait réduite ou non existante".



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