 Tuer à neuf ans et mourir avant vingt ans
par Pierre R., le 9 juin 2007
Selon la station d’information continue, Info690, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme qu’un gang de rue particulièrement violent a commencé à faire son apparition à Montréal. Les membres du groupe MS-13, connu pour être le plus violent et le mieux organisé de l’histoire des États-Unis, tuent pour tuer, pour se protéger ou encore pour inspirer le respect. Le groupe n’est pas encore implanté et il compte à peine quelques membres qui sont suivis de très près par la police. Mara Salvatrucha ou MS 13, sont les deux noms du gang le plus violent et le plus organisé des États-Unis. « Mara » désignerait une espèce de fourmi qui dévore tout sur son passage. « Salvatrucha » vient de « Salvatrucho » et veut dire jeune combattant salvadorien. Quant à l’origine du nombre 13, il représente d’une part la 13e lettre de l’alphabet, M, associée à la « eMe », la mafia mexicaine avec laquelle MS-13 collabore.
Pour plusieurs observateurs de l’actualité criminelle, les cliques qui composent la Mara Salvatrucha sont terrifiantes. De telles « cliques » sont les cellules d’une mara qui s’installent dans chaque quartier avec l’objectif de contrôler et d’établir des « opérations de choc » contre les bandes rivales, le recrutement de nouveaux membres, la distribution de drogue, le vol et le racket. Elles sont composées de 30 membres au maximum, qui pour la plupart sont des jeunes de 12 à 15 ans. Pour entrer dans une clique, l’aspirant doit supporter une épreuve connue sous le nom de « cortón » qui consiste en une raclée par 6 membres pendant un laps de temps d’environ 13 secondes. C’est ainsi que se règlent également les problèmes de discipline ainsi que la consommation exagérée de drogue destinée à la vente.
Dans cette clique, on peut tuer dès l’âge de neuf ans et l’espérance de vie ne dépasse guère les vingt ans. C’est un gang qui connaît une progression foudroyante : mille membres en 1990, cinquante-mille aujourd’hui. Reconnaissables à leurs tatouages, ces jeunes des quartiers pauvres d’Amérique centrale ont parfait leur éducation à la violence au contact des gangs noirs de Los Angeles.
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Les membres de la Mara Salvatrucha se distinguent par leurs tatouages. Le crâne rasé, le front, les joues, le cou et les membres tatoués de caractères cabalistiques ou des lettres MS-13, signe de leur appartenance, ils font fuir sur leur passage les résidents du quartier, effrayés à la vue de ces marauds sans foi ni loi. Il existe beaucoup de bandes hispaniques, notamment la Mara Salvatrucha, qui utilisent le chiffre « 13 » de même que les termes sureno et SUR pour s’identifier, y compris des gangs de rue et de prison de l’extérieur de la Californie. Les tatouages, propres à la bande Mara Salvatrucha, formés des lettres « M » ou le « MS », en plus du « 13 » ou du « SUR ». Un autre tatouage usuel est le « Salvadorian Pride ». Un membre aura également le nom de sa clique tatoué sur son corps. Les membres de la MS se font aussi tatouer des pentagrammes et d’autres symboles occultes. Ces symboles peuvent semer la confusion et donner ainsi la fausse impression que cette pratique s’inspire du satanisme. Le signe de la main le plus utilisé par les membres de la MS est la lettre « M » formée de trois doigts la main orientée vers le bas. Ce signe peut ressembler au signe de la fourche utilisé par les bandes « Folk et People Nation »du Midwest, pointée vers le haut ou vers le bas. Les symboles utilisés comme tatouages sont aussi utilisés dans les graffitis et les écrits personnels.
La Mara Salvatrucha est présente dans trente-trois États américains et conquiert chaque année de nouvelles contrées. Depuis qu’elle s’est formée en Californie et à Washington, D.C., la Mara Salvatrucha a étendu ses activités en Oregon, en Alaska, au Texas, au Nevada, en Utah, en Oklahoma, en Illinois, au Michigan, à New York, au Maryland, en Virginie, en Géorgie, en Floride, au Canada et au Mexique. La MS se distingue des autres bandes de rue traditionnelles des États-Unis par les liens qu’elle entretient avec des membres et des factions de la MS en El Salvador. La Mara Salvatrucha est véritablement une bande internationale.
Les membres de la bande de la Mara Salvatrucha restent en contact avec les groupes aux États-Unis et en El Salvador pour plusieurs raisons particulières. En El Salvador, une grenade à main se vend entre 1 et 2 $US et un fusil M-16 se vend entre 200 et 220 $US. Ce contact et les alliances permettent aux membres de la bande MS d’avoir accès à des munitions de style militaire, ainsi que d’établir un réseau de trafic illicite d’armes à feu aux États-Unis.
Deux événements ont, en 2004, jeté une lumière crue sur la Mara. À moitié dévêtu, le torse rongé par des animaux sauvages, le corps meurtri et sodomisé de Javier Calzada, 21 ans, a été retrouvé un matin de 2004 par le sergent Alan Patton dans une forêt du Texas. « On aurait dit une scène de film d’horreur », confiait peu après l’officier de police. Quelques mois plus tard, le cadavre violé de Brenda Paz, 17 ans et enceinte, était découvert sur les rives de la rivière Shenandoah, en Virginie. Membre de MS-13, c’est elle qui avait attiré Javier Calzada, un jeune homme innocent qu’elle avait choisi au hasard dans la rue, vers le piège infernal. Arrêtée peu après par la police, elle avait été contrainte d’intégrer le « witness protection program » et s’était transformée en informatrice, un « crime » que le gang ne pardonne jamais.
A peu près à la même époque, à des milliers de kilomètres de là, au Honduras, un bus transportant 28 passagers était bloqué le long de la route par le gang. Armés de mitraillettes et de grenades, les maras allaient massacrer hommes, femmes et enfants et envoyer le message suivant au président Ricardo Maduro : « Attaquez-vous à nous et nous continuerons les tueries ».
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http://www.centpapiers.com/Tuer-a-neuf-ans-et-mourir-avant,1607
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