D’après les enquêtes entre 5 et 40% de la population française auraient des difficultés en lecture.
La lecture, premier échec de l’école
- Face aux problèmes, les programmes de l’école primaire ont été recentrés sur la lecture.
- Il faut faire une distinction entre l’enfant qui est en cours d’apprentissage et l’adulte qui a désappris à lire : ne pas les mettre ensemble sous le même volet de l’illettrisme.
- L’illettrisme devient l’autre mot pour désigné l’échec scolaire.
- Il est très difficile de donner une définition à l’illettrisme ainsi que de définir les outils pour l’étudier et l’analyser.
- Sur quels systèmes l’évaluer ? National ou international ?
- Les chiffres donnés doivent donc être remis en question.
- Les compétences dans la maîtrise de la langue sont évaluées lors des évaluation de CE2 et de 6ème.
- En 1997, sur 2600 élèves de 6ème, 4.3% se trouveraient dans une situation assez préoccupante, 7.7% feraient preuve d’une grande lenteur, 2.8% échoueraient sur des compétences plus complexes de compréhension. Donc environ 15% des élèves seraient mal à l’aise en lecture.
- La JAPD (Journée d’Appel à la Défense) permet également d’évaluer les capacités en lecture d’une classe d’âge (17 ans).
- C’est un bon indicateur pour repérer les individus en danger d’illettrisme.
- La France participe au programme international pour le suivi des acquis des élèves.
- Selon PISA, 37% des élèves francophones auraient des difficultés à effectuer des tâches de lecture d’une complexité modérée.
- Mais c’est du côté des adultes que les chiffres sont les plus alarmants : 40.2% des Français auraient des difficultés en lecture (1994).
- Suite à ces résultats, la France s’est dotée d’un nouvel instrument de mesure.
- Il faut une remédiation qui doit être la plus précoce possible.
Anne-Marie Chartier : « La démocratisation c’est fatiguant ! »
(Anne-Marie Chartier est maître de conférence au service d’histoire de l’éducation à l’INRP)
(interview)
- Nouveauté : lier les échecs en lecture des élèves avec les problèmes d’illettrismes rencontrés par les jeunes adultes.
- Ambiguïté autour de la définition du terme « illettrisme ».
- En 1984 : l’illettrisme concernait les personnes qui avaient des difficultés dans la vie courante (définition de l’Unesco).
- On pense que les personnes ayant un niveau bas en lecture auront du mal à trouver un emploi et donc grossiraient les chiffres du chômage.
- Il y a eu un changement dans les qualifications exigées des employés.
- Ce sont ces mutations qui ont révélé réellement un illettrisme qui existait déjà auparavant mais qui n’empêchait pas de trouver du travail.
- Il y a donc de nouvelles attentes.
- On demande aux gens un autre type de lecture auquel ils ont été habitués.
- Ségolène Royal a été le premier ministre à parler de l’illettrisme scolaire (mai 2001).
- Mais il est normal que les enfants en train d’apprendre ne soient pas encore totalement autonomes en lecture et écriture.
- Ce problème existait déjà il y a 20 ans.
- Les enseignants se plaignent car ils sont obligés d’avoir un comportement d’instituteurs s’ils ne veulent pas laisser des enfants sur la touche.
- Leur regard sur le métier change.
- L’école de Jules Ferry en conduisant un élève sur deux au certificat d’étude pensait qu’elle remplissait sa mission.
- Il faut savoir que certains élèves, à cette époque, apprenaient le Français en même temps que la lecture.
- Ils étaient maintenus dans le système scolaire, mais cela ne veut pas dire qu’ils étaient autonomes en lecture.
- On arrivera jamais à 100% de lecteurs et de scripteurs autonomes malgré 100% de scolarisés.
- 1900 : test Binnet-Simon, pour trier les élèves qui pouvaient être instruits de ceux qui ne le pouvaient pas du moins pas au même rythme.
- Aujourd’hui, on a encore le mythe de 100 % de réussite.
- La population des élèves en grand échec est très hétérogène. Il n’y a pas de remède miracle.
- Jusque dans les années 1960, on a traité la lecture en la séparant en deux étapes : 1) le savoir déchiffrer ; 2) apprendre en lisant, se construire une culture
- Dans les programmes, à l’heure actuelle, on ne distingue pas ces deux étapes.
- Il faut initier les enfants dès la maternelle à la culture écrite.
- Si les références culturelles n’ont pas été construites à la maison, c’est à l’école de les construire.
Et avec tousela onfé coi pour moi ?
- Ils existent différents types de maîtres en fonction des difficultés rencontrées (maîtres A pour les déficients auditifs etc.)
- Les maîtres E et G travaillent en réseau avec le RASED.
- Certains systèmes ont été créés afin que les élèves en très grand échec puissent quand même devenir lecteurs, notamment avec les CLIS.
- Certains programmes informatiques et de travail ont été créés pour pouvoir travailler au cas par cas.
- Quant à 16 ans, les élèves quittent le système scolaire sans diplôme la mission générale d’insertion prend le relais.
- Il n’est jamais trop tard pour apprendre à lire.
L’encadrement de la liberté pédagogique
- La liberté pédagogique laisse la place à un cadrage de plus en plus serré.
- Cela est perceptible avec la parution de Lire au CP.
- Ce livret donne des directions et propose des activités aux enseignants.
- Les enseignants ont collaboré à sa rédaction.
- Les évaluations des méthodes permettent aux Professeurs des écoles de trouver une méthode adéquate.
- Va-t-on vers une anglicisation de l’école, avec une méthode et des exercices imposés ?
L’Islande, le pays du peuple des livres
- La capitale islandaise possède une médiathèque qui n’a rien à envier à celles de France.
- Il y a également des bibliothèques et un service de bibliobus.
- Il est important de constaté que seulement 4% des islandais de 15 ans sont incapables de lire.
- Mais le livre est en concurrence avec le DVD.
- Le livre est offert en cadeau.
- Aller sur Internet ou regarder un film sous-titré, c’est déjà lire.
L’apprentissage de la lecture, une question de temps
- Le temps est une donnée primordiale dans l’apprentissage de la lecture.
- Il y a une durée minimale pour la lecture en classe.
- Il ne faut cependant pas dépasser les 14h hebdomadaires.
- Les Programmes préconisent au cycle 2 (Grande section, CP, CE1) 2 heures 30 minimum de lecture par jour, et 2h au cycle 3.
- Entre 9h et 10h sont consacrées à la maîtrise du langage et de la langue française.
- D’autres moments de lecture sont développés dans les autres disciplines.
- Ainsi, les élèves se construisent des repères culturels qui leur permettront de devenir des lecteurs experts.
- Le terrain de la transdisciplinarité n’est pourtant pas une découverte.
Du décodage à la compréhension, un parcours du combattant
- Apprendre à lire, c’est passé de la forme auditive du mot à sa forme visuelle, donc comprendre la relation entre les phonèmes et les graphèmes.
- La question que l’on se pose est : par quoi commencer l’apprentissage ?
- Pour la méthode syllabique, on commence par le code phoni/graphique.
- Le français pose également le problème des lettres écrites qui ne se prononcent pas.
- La méthode globale n’a jamais été exercée dans son intégralité, mais elle a eu une influence considérable.
- Les enseignants utilisent une méthode mixte qui prend des éléments des deux autres méthodes précédemment énoncées.
- L’activité de décodage demande de gros efforts cognitifs.
- Il faut mettre en place un lexique orthographique mental, le déchiffrage sera facilité.
- La lecture orale joue également un rôle.
Moggy