PARIS (AFP) - Le conseil national de l'ordre des médecins a publié un rapport dans lequel il préconise entre autres mesures de sélectionner les étudiants à partir des notes du bac et non à l'issue d'une première année très éprouvante et ultra sélective.
"Pour éviter la seule sélection par l'échec, nous proposons de prendre les notes de philosophie, pour l'ouverture d'esprit, de mathématiques, pour la rigueur, et de biologie, c'est notre domaine, puis de vérifier devant un jury les motivations de l'élève", a expliqué mercredi le professeur Claude-François Degos, coauteur du rapport.
Chaque année, plus de 40.000 étudiants se serrent pendant un an dans des amphithéâtres trop étroits et se livrent à une concurrence effrénée mais seuls 7.000 d'entre eux décrochent au final leur entrée en 2e année.
"En principe, nous n'avons pas le droit de sélectionner (puisque la médecine s'enseigne à l'université, NDLR) mais c'est ridicule alors qu'on le fait au bout d'un an !", a estimé le médecin.
L'académie de médecine a également proposé cette solution de sélection avec les notes du bac.
François Goulard, alors ministre délégué à l'Enseignement supérieur, avait même annoncé en février 2006 que des mesures seraient prises dès la rentrée dernière pour éviter le gâchis en première année de milliers d'étudiants qui se retrouvent sans aucune équivalence, mais ces mesures sont restées lettre morte.
Interrogé sur la lenteur de la réforme que tous les acteurs semblent pourtant appeler de leurs voeux, M. Degos a estimé que "le pays est mûr car les étudiants en ont marre, nous avons des problèmes de démographie médicale et l'Europe nous presse".
Le première année de médecine telle qu'elle existe est une singularité française depuis 35 ans.
Mais, a nuancé Xavier Deau, président de la section Formation et compétences à l'Ordre, "tout le monde a peur dès qu'on parle des études médicales: une fois qu'ils ont réussi leur première année, les étudiants ne veulent plus qu'on touche à leur cursus".